Gros Plan est ma newsletter : elle se veut un mélange entre l'exercice du blog et de la veille sur les sujets qui m'animent : grossophobie, féminisme, et luttes sociales. Chaque semaine, vous recevrez donc un texte qui mélangera des réflexions intimes, un partage de mon savoir expérientiel de personne grosse, queer et usagère de la psychiatrie, mais aussi des réactions à l'actualité, des recommandations et autres contenu merveilleux. En vous abonnant, vous soutenez aussi mon travail depuis 15 ans et vous me donnez un peu de force pour continuer !
On préfère croire que certaines vies étaient écrites d’avance. Que la chute était contenue dès le début, que tout ça avait un sens. C’est plus confortable. Ça évite de regarder ce qu’on fait, ce qu’on laisse faire, et la part de possible qui, elle, n’a jamais disparu.
On dit qu’on s’inquiète. On dit qu’on espère qu’elle s’en sorte. Mais on regarde. On regarde toujours. C'est aussi moi le problème.
Des souvenirs de pension et des envies de claquer des millions de dollars.
Il n'est jamais trop tard pour apprendre. Je regrette que la thérapie classique ne nous explique pas mieux nos fonctionnements traumatiques. Parler c'est bien, mettre à distance c'est super, comprendre ca sauve aussi. Welcome to my PTSD-C.
En lisant Gisèle Pelicot, je ne retrouve pas la colère droite que j’avais pour Jacqueline Sauvage. Je retrouve du trouble. Des souvenirs qu’on protège. Et cette question qui dérange : que fait-on d'une mémoire qui n'en finit pas de trembler ?
Je devrais être heureuse mais je ne fais que flipper. Un portrait d’autrice, c’est censé être une consécration. Pour moi, c’est surtout un face-à-face avec la grossophobie intériorisée et le regard qui précède mon nom.
J’ai longtemps cru que détester sa hiérarchie faisait partie du travail. Puis j’ai rencontré Elsa. Elle part aujourd’hui, et je découvre qu’un bon management, ça existe, et que ça rend triste quand ça s’en va.
Je n’ai jamais eu de classe à moi, mais j’ai appris à tenir un cadre, à faire circuler des mots, à rester quand ça déborde. Pas simple la transmission, les limites, et ce qu’on apprend trop tard à dire tout fort.
On nous a appris à tout vouloir savoir, tout de suite. J’ai décroché. Mais l’état d’alerte, lui, est resté : une peur sans titres, logée dans le corps.
Un billet de rentrée pour celles et ceux qui cherchent moins à aller mieux qu’à se souvenir que c’est possible : un rêve, de la tisane au fenouil, et des sensations à garder tout au fond du ventre.
On nous apprend à réparer, à dépasser, à transformer chaque blessure en leçon. Mais parfois, il ne s’agit ni de guérir ni d’expliquer. Juste de reconnaître ce qui reste, ce qui circule encore, comme dans une maison mal isolée où l’on apprend à vivre autrement.
Il suffit d’un mot pour sentir remonter l’odeur ancienne du pouvoir : lourde, collante, intacte. On voudrait la transformer en slogan, la détourner, la porter fièrement. Moi non. Certaines saletés, je préfère les laisser tomber au sol plutôt que les vêtir.
Longtemps, j’ai cru que la discipline était une langue étrangère, celle des gens sérieux, rangés, adultes. Je la voyais comme une camisole sociale, un boyau trop étroit pour mes élans. Et pourtant, quelque chose en moi réclame du cadre.