Quelques mots, quelques reco, pas capable de beaucoup plus cette semaine.
Comme mon cerveau est un sachet de pop-corn qui brûle car on l'a laissé trop longtemps au micro-ondes, je ne vous écris pas de billet cette semaine, pardon. Je ne sais pas quoi écrire à part mon angoisse et ma fatigue et mon envie d'hurler. Je me suis bloqué le dos, j'ai une boule d'acide dans l'estomac qui refuse de céder. La moindre contrariété me bouleverse, je me sens flotter au-dessus d'une décharge en feu, je voudrais éviter de m'y poser. Tout ça pour dire que je n'écris pas cette semaine, mes tripes et ma tête sont au repos, ordre du docteur poilu-des-phalanges-très-gentil.
Je suis en arrêt alors je lis beaucoup en buvant du thé glacé maison. Ça pourrait être chic. Ça ne l'est pas tout à fait, mais je suis une fun-little-drinks-girly, j'aime les infusions et les sirops et les poudres de perlimpinpin. Au moment où je vous écris, j'ai trois boissons autour de mon ordi : une gourde d'eau glacée infusée à la fraise, un café long et chaud, et une bouteille de coca zéro tiède. J'aime avoir le choix, j'aime la variété. Certains prétendent que c'est aussi un critère de diagnostic pour les troubles de l'attention. J'ai la flemme d'aller chercher une nouvelle étiquette à coller sur mon cahier, mais ça ne me semble pas déconnant.
Je voudrais vous écrire sur la loi intégrale, sur la prison qui se guérit personne, sur la tentation de la violence, sur la performance idéologique sur Instagram, je voudrais vous expliquer que ma femme est D.ieu, et que vous aussi sans doute, je voudrais vous parler des gens qui prennent le train, des rituels dans les gares, j’ai des tas de choses à vous dire, mais je n’ai pas le goût. Ca reviendra vite.
Résumons : pas de billet, pardon, mais des livres à lire, des trucs à écouter, si vous le voulez, et si vous accordez un peu de crédit à mes goûts.
Lire :
Yesteryear, de Caro Claire Burke : une fiction autour des tradwives et de la mise en scène de leurs familles sur les réseaux sociaux. Qui enferme qui ? Qui veut quoi pour qui ? Ca se lit très facilement en anglais, et on ca fonctionne vraiment bien.
Deux secondes d’air qui brûle, de Diaty Diallo : la claque de ma semaine, une écriture rapide, poétique, dense, une journée qu’on vit avec les personnages, juste derrière eux, le soleil et l’odeur des parkings dans les narines.
Ce qu’il faut de nuit, de Laurent Petitmangin, ca se passe dans une Lorraine compliquée, c’est une histoire d’amour, de famille, de masculinités. Qu’est ce qu’on ferait si nos enfants se mettaient à voter extrême droite ?
La cité de mon père, de Mehdi Charef, je découvre cet auteur avec sa mort récente, il écrit l’enfance et l’adolescence, le racisme, l’immigration, les bidonvilles, l’injonction à l’intégration. C’est beau comme de la poésie, c’est dur comme la vie. Celui ci est le dernier d’une trilogie que je vous recommande toute entière.
Ecouter
Le podcast BookMakers, le making-of de la littérature, surtout les épisodes avec Nathacha Appanah, Pierre Michon, Loo Phui Phang
La série La mine, un monde et sa fin, sur France Culture, c’est niche mais je ne me suis jamais remise de la lecture de Germinal, et j’ai une petite obsession mine, mineurs, corons et autres endroits d’élaboration de la lutte.
Mon héroïne, sur Arte Radio, en trois épisodes. Comment grandir avec une mère toxicomane ? Comment garder le lien ?
A voix nues avec Philippe Jaenada, un auteur que j’apprends à connaître, et dont le verbe et l’histoire me touchent.
En anglais :
Adults in the room, de NPR, un professeur d'un lycée de Seattle est accusé d'abus sexuels puis meurt peu après. Des années plus tard, une des journalistes présente à l’époque rouvre l'enquête pour savoir si elle a révélé la vérité ou contribué à sa mort.
Kaitlyn’s baby, de la BBC, une jeune femme enceinte en crise, entraîne des dizaines de doulas dans une spirale de drames, jusqu'à ce que la vérité éclate
A la semaine prochaine !