Second rendez-vous sur une aire d’autoroute de mon cerveau, prenez un café à la machine et n’oubliez pas d’enfants aux toilettes, la route sera weird. Comme le résume si bien le titre d’un de mes albums préférés au monde : this is a long drive for someone with nothing to think about (c’est une longue route pour quelqu’un‧e qui n’a rien à penser). Bienvenue dans l’ère de la liminarité, cette étape trouble de toute transformation où l’on quitte celui‧celle qu’on était sans devenir encore tout à fait quelqu’un‧e d’autre. Nous ne faisons finalement après tout qu’errer entre les épluchures successives de notre oignon personnel.
Mon souvenir du jour est au menu chaque samedi midi dans les familles juives séfarades. On commence à le préparer la veille, puis on le laisse reposer sur une plaque chauffante, en étouffant le couvercle d’une couverture. Pour celles et ceux qui respectent strictement les lois de shabbat, il est impossible de cuisiner, de réchauffer, ou même de trier les pépins d’un citron pressé pendant les 24 heures sanctifiées pour le repos. Les 39 lois qui régissent cette période si particulière viennent ritualiser chaque geste, chaque préparation. Je me souviens encore de cette devinette posée à table : est-il permis de porter samedi un linge qui aurait séché dans la nuit de vendredi à samedi ? La réponse à la fin de cette lettre pour un suspens incroyable.
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